Les prénoms ont été changés. Je n’ai pas touché au texte en tant que tel, surtout celui provenant des notes du téléphone pour préserver la spontanéité (importante dans la dépendance affective). Contexte : je venais de rencontrer ce garçon, Juergen, à la fin d’une soirée que l’on a continuée à un after à la Station le dimanche. Les « **** » masquent des éléments qui pourraient permettre l’identification de Juergen.
10 juillet
En ce moment, j’ai l’impression de toucher du bout des doigts une révélation sur la dépendance affective mais je ne trouve rien. J’ai vraiment l’impression que mon inconscient a pris conscience de quelque chose et que ma conscience peine à trouver les mots.
11 juillet
Je confirme donc que mon insécurité des jours précédents étaient liée à l’attention que je portais à Juergen. Je suis nostalgique du moment où il s’intéressait à moi. J’ai peur de le saouler. J’ai rayé le « si » car j’en ai pas vraiment peur. Il continue de faire l’objet de mes scénarios romantiques au coucher. Le crush n’est pas du tout parti.
13 juillet
Sachant Juergen à Dublin et le fait que j’avais l’impression de perdre mon intérêt pour lui (je sais pas si c’est vrai car je n’oriente plus mes pensées et actions autour de lui mais en même temps quand je l’ai vu sur des photos sur Instagram j’ai crié), j’ai beaucoup moins le seum de l’annulation Kluster de ce soir. J’ai simplement le seum de perdre une occasion de vouloir me montrer fraîche. Je ne parle même pas du fait que ça m’arrange énormément pour mon emploi du temps. Je pense que Juergen restera un crush inachevé comme Samuel et Stéphane.
Parfois je mets en lien le fait que je sois timide sur mes sentiments et vite gênée en démonstration affective (j’aimerais vraiment ne pas l’être mais j’espère aussi secrètement que les autres trouvent cela mignon et que ça les fasse plus m’apprécier, oui ça fait pitié désolée je peux m’empêcher de penser comme ça, je sais que ça fait partie d’un problème qu’il faut que je règle), bref je mets donc parfois ça en lien avec la dépendance affective mais Paul et Maria sont à l’aise avec ça et pourtant on est au même stade niveau dépendance affective.
Et mon intuition (qui est finalement juste une pensée inconsciente non rationalisée) se rationalise, l’intuition donc « fin de la dépendance affective quand achèvement identitaire », non oops ça c’est l’explication, je suis allée trop vite encore dans l’analyse. L’intuition de « je connaitrai le bonheur que je continue encore presque inconsciemment de trouver dans l’amour quand je serai plus proche de mon achèvement identitaire ». L’explication est simple : vu que j’aurais pris plus de temps à penser à moi POUR moi, ça sera du temps en moins pour la dépendance affective tout en me construisant une confiance et une aisance qui seront remarquées, donc je ne manifesterai plus de signes rédhibitoires et repoussants de dépendance affective. En attendant l’achèvement, je dois accepter devoir me contenter de relations éphémères le temps d’une soirée et un after ou de situationships. Je ne dois juste pas mettre d’espoir dans la situationship. Je ne dois donc jamais perdre de vue mon objectif identitaire. Quand je travaillerai, tout va s’accélérer : j’aurais moins de problèmes financiers, je pourrais me payer tous les mois quelque chose, j’aurais moins de temps pour déprimer et être mal (ce qui ralentit beaucoup le processus identitaire), moins de problèmes financiers -> moins de préoccupations -> moins de privations -> moins d’anxiété.
16 juillet
J’ai envie de faire quelque chose autour du milieu de Juergen, peut-être en partie pour mon crush et me rapprocher de lui mais surtout pour comprendre, connaître son milieu, le documenter et l’expliquer. Pas juste son milieu mais aussi son travail. J’aimerais donner une voix à son travail et son milieu en apportant des connaissances et en soulignant leur vision, leur état d’esprit. J’aimerais dresser un portrait d’une sous-culture particulière à un moment donné, un travail d’historien et/ou de sociologue. Un projet sensé. Ça m’intéresserait vraiment beaucoup de faire ça. Je vais d’abord me renseigner théoriquement sur les connaissances de base, sur les travaux de recherche déjà effectuées, lire la socio, relire mes cours de psycho de la délinquance, et lui soumettre l’idée. Je ne sais pas quelle forme ce travail pourrait prendre, un reportage ? Un fanzine ? J’adorerais en faire un fanzine. Si lui pourrait y contribuer ça serait génial. J’adore faire des fanzines mais j’en fais pas assez. J’en ai fait qu’un. Mais ma volonté d’en faire depuis 1 an n’a jamais baissé, j’ai toujours autant envie d’en faire et j’ai toujours des idées pour le faire. Je me rappelle avoir voulu faire un peu la même chose avec Théodore et ses potes je vais lui justifier au moment de la proposition le fait que j’y pensais déjà avant de le rencontrer. Je me demande ce qu’il va penser. J’espère qu’il trouvera ça pertinent. Je sais pas pourquoi j’ai pas pensé à ce projet plutôt. Je sais pas si j’attends de le voir pour lui en parler. Je n’ai pas vraiment le temps penser à tout ça en ce moment.
Quels conseils retiendriez-vous de cette note ? Qu’est-ce qui est flagrant ou choquant ? Qu’est-ce qui ne faudrait pas faire ? Est-ce qu’il y a des phrases ou des idées qui sont marquantes, intéressantes ? Des choses qui font écho ? Je vous laisse me répondre en commentaires…
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