Les prénoms ont été changés. Je n’ai pas touché au texte en tant que tel, surtout celui provenant des notes du téléphone pour préserver la spontanéité (importante dans la dépendance affective). Contexte : je venais de rencontrer ce garçon, Juergen, à la fin d’une soirée que l’on a continuée à un after à la Station le dimanche. Les « **** » masquent des éléments qui pourraient permettre l’identification de Juergen.
TW : drogues, alcool, sexe
7 juin
Comme prévu, il m’a envoyé un message. Pour me demande si j’allais à la Kluster. Bien sur que oui mon baby. Donc ce soir je suis entreprenante envers lui. Je suis dans une démarche active. J’attirerai son attention. Fini le « je veux être remarquée sans rien faire ».
8 juin
Il n’est pas venu. Je suis partie à 2h. Mais on a parlé. Donc je le reverrai. Et d’ici là qu’on se revoit, mon envie de lui aura peut-être diminuer. En tout cas là, je suis prête à être déçue, beaucoup plus que cette semaine. Et j’ai plus d’énergie pour pas me focus sur lui.
Paul avait raison. Il est nul avec les messages. J’aimerais l’être également. J’étais bourrée. Bien sur que j’ai pleuré dans le bus du retour. J’étais trop belle. J’étais bourrée et déçue et fatiguée. Je n’arrivais pas à me mettre dans le mood. J’ai vu une meuf que je déteste. Sous mon pire jour. Si j’avais été en forme et enthousiaste je serais clairement aller lui parler. Je mentirais si je disais que les montagnes russes émotionnelles de la journée et la fatigue ne m’ont pas permis de kiffer. En arrivant, j’étais pas en forme. J’ai pas aimé le lieu ni les gens. Mais quand j’ai su qu’il ne viendrait pas j’ai encore moins kiffé. Et ça a rendu décisif le fait que je rentre.
Quand je lui ai dit « je vais rentrer si tu dodos pas tu peux venir stv » je savais que j’allais le regretter mais j’étais trop bourrée pour être stratégique.
L’alcool fatigue encore plus socialement. J’étais incapable de parler aux gens, et au peu de personnes que j’ai croisées à cause de mon mauvais mood. Mais déjà dans le Uber j’étais pas bien. J’étais concentrée à pas vomir. Je dois absolument aller à la Canopée aujourd’hui. J’espère que j’aurais retrouvé de l’énergie d’ici là.
C’était, selon les schémas illogiques mais nécessaires de la vie dont je ne saisis pas le sens mais me contente d’observer et appliquer, évident que je n’allais pas le voir. Le schéma illogique nécessaire de la vie est que plus que tu prépares à quelque chose moins ça a de chances d’arriver (sauf anxiété lol). Après son message, mes attentes étaient à la hauteur de mon désir de le voir. J’y ai mis toute ma volonté en me préparant, même si j’ai essayé de ne pas le faire j’ai focus ma soirée sur sa venue. Ca fait des années que je me répète « n’ai pas d’attente » mais très dur de l’appliquer quand on est autiste anxieuse dépendante affective.
Autre avantage de ne pas l’avoir vu : je m’étais préparée au fait d’être frustrée de ne pas passer plus de temps avec à cause du chat (au cas où on aurait été en after ensemble, que je dois partir et lui voulant rester) ou des élections demain.
J’ai envie de relire mes tweet dramatiques et mes notes quand j’étais bourrée. Mais j’ai peur de me sentir ridicule. Je supprimerai pas si je vois pas. Je préfère ne pas voir.
Je suis en mode « besoin de me couper du monde » alors que je l’ai été toute la semaine et que c’est ça qui m’a rendue folle. Mais je dois me reposer quand même de toute l’excitation de la semaine.
Juergen a passé une semaine à ne pas me parler (désolée je sais qu’il faut pas que je conscientise ce genre de choses car je me crée des schémas et donc des attentes après, oh putain oui faut vraiment que j’arrête du coup, mais j’allais dire que ça me faisait du bien, ça me permet de patienter en étant rassurée, alors qu’en fait il ne faudrait pas patienter, bref, je finis phrase) mais m’a quand même envoyé un message 5jours plus tard donc il pense à moi. Bref pas d’attentes. Je ne dois rien attendre de lui. Mais en même temps, je me vois pas faire une croix dessus, surtout maintenant que j’ai trouvé quelles démarches actives faire. Je ne peux pas les faire si je ne suis pas investie par un réel désir. Mais je sens qu’il en vaut la peine. Je ne pourrais pas passer à autre chose sans avoir tout fait pour l’avoir. Je le veux, le désire. Pourquoi ? Chimiquement/physiquement déjà. Et ce n’est pas une bonne raison je sais mais j’ai jamais ressenti ça. Enfin je crois. C’est clairement pour ça. Je pense qu’il n’y a pas de mal à se donner les moyens d’avoir la vie qu’on veut, même si ça nous pousse à être stratégique. C’est ce que PH fait. Et il a bien raison. On ne peut pas se contenter de rêver.
J’avais carrément pris un culotte et ma brosse à dent. Je le fais jamais. J’avoue avoir retardé le fait de les enlever de mon sac car ça me rappelait le fait que j’ai trop préparé pour rien et que je ne l’ai pas vu. J’étais pas si dégoutée que ça (si quand même) de pas l’avoir vu car jeu me suis contentée du fait qu’il me parle. Ca m’a (presque) suffi. J’ai hâte de voir comment va évoluer cette histoire. J’espère vraiment avoir l’opportunité de l’avoir car je suis très déterminée et je ne l’ai jamais autant été. Même pour sauver mes relations existantes, je ne l’étais pas autant (sûrement car je n’y tenais pas tant que ça).
Je ne peux pas passer devant un miroir car je suis frustrée de me trouver trop belle.
Je le veux et je l’aurai. Désolée, phrase de pétasse mais il faut le dire, c’est de la détermination. Et dans ma quête de lui, je grandis car je cherche à me surpasser, à devenir meilleure et à être la femme que je veux être. Donc c’est une bonne chose que je le désire.
Je ne dois simplement pas en faire un objectif principal. Je ne dois pas me concentrer que sur lui et faire de lui l’objet de tous mes comportements et pensées. C’est un crush qui se veut durable, subtil, progressif qui ne laisse pas de place à l’immédiateté et la spontanéité. Je ne dois pas trouver un moyen de le voir ou de lui parler. Je dois l’attendre. Et quand il sera là, je mettrai tous mes efforts. C’est dur, décourageant et frustrant de savoir qu’il faut se battre pour son bonheur et avoir ce que l’on veut. Mais j’aime cette détermination car elle amène loin et le sentiment d’intense satisfaction nourrit l’ego et l’estime de soi qui sont plus que nécessaires pour survivre.
Hier j’ai vraiment paniqué quand j’étais bourrée et que je ne savais pas comment je devais me comporter. J’avais pas du tout la capacité d’être stratégique. Donc il faut que je verbalise clairement les objectifs et les moyens, quitte à se répéter, si je ne veux pas me laisser emporter, oublier et regretter. Désolée j’avoue je me déteste un peu d’avoir une mentalité très start-up mais le capitalisme nous ronge jusque dans nos relations et notre façon de penser, désirer, être. Donc normal que je reprenne ses schémas de fonctionnement.
Je m’étais mis trois couches de parfum en plus.
On ne peut jamais passer deux soirées incroyables de suite. C’est la première règle qu’on apprend quand on rentre dans le milieu des soirées et des drogues.
C’était sûr qu’il ne viendrait pas car il est imprévisible. Je m’en doutais, je le sentais et maintenant je le sais. Je dois l’être aussi. Je pense qu’il sait que je serai là quand il me le demandera. Mais j’ai confiance en la force de nos moments. C’était intense aussi de son côté. C’est le regard à l’autre bout des toilettes quand on attendait en face à face qui me le dit. C’est nous deux dans un toilette, juste avant de nous embrasser, lui assis sur l’arrière/haut des toilettes, mon corps entre ses jambes, ma main sur sa jambe, qui me le dit. C’est nous deux qui dansons qui me le dit. Par contre, c’est moins chez moi qui me le dit. C’était des moments comme j’en ai déjà passé avec d’autres chez moi. J’espère que ça a suscité son intérêt, une nouvelle raison de s’intéresser à moi. J’espère que ça lui a donné envie de quelque chose qu’il ne pensait pas avoir envie.
Dans le bus en rentrant, je me forçais à pas relire la conversation à la recherche d’indices. Comme j’étais bourrée, c’est simple d’oublier ce qu’il a dit. Donc le souvenir de la conversation ne m’apparaît pas de manière automatique dans ma tête. Et je continue de m’efforcer de pas relire. Et j’y arrive, la tentation est facile à surmonter.
Dans l’idée de ne pas faire de lui l’objet principal de mes actions, il y a le fait de voir sur le long terme et ne pas percevoir l’envie comme à assouvir dans l’immédiat. Dans la continuité de ce que j’ai compris il y a 1 an en crushant sur PH : ne pas tourner mes actions autour de lui. Et j’ai très bien fait car il fait partie de ma vie maintenant. Faudrait trop que je le revois. Il a changé ma vie. Et Juergen peut être dans sa continuité dans une certaine mesure. La mesure où les fréquenter me fait grandir.
Je n’envisage pas qu’il ne s’intéresse plus à moi. Pour moi c’est une évidence qu’il veut me voir. Mais de toute façon on sera amené à se revoir, forcément.
S’il me propose qu’on se voit, je sais qu’il ne faut pas que je saute sur l’occasion, telle une droguée sevrée prête déjà à attraper la prochaine occasion, instantanément. Je l’ai tellement désiré physiquement cette semaine. Je ne peux pas tout lâcher et ne plus rien faire. Mais de toute façon, il n’est pas question de ça du tout. Je n’envisage pas d’arrêter et encore moins au premier obstacle (sauf si c’est volontaire de sa part de pas me voir). Mais comme dirait Daddy Yankee (désolée pour la réf) : tenemos algo pendiente, tu me debes algo y lo sabes. On a quelque chose en attente, il me doit quelque chose et le sait. Bon en vrai il me doit rien mais on a vraiment quelque chose en attente que l’on doit résoudre. Lui c’est sûrement passer un bon moment en recouchant ensemble, moi c’est le séduire pour le garder dans ma vie.
J’ai très envie de refaire les choses crazy qu’on a faites. Et je veux que ça soit tout le temps comme ça, que ça définisse notre relation : passion et intensité. Je sais pas si c’est réellement durable. Mais je veux être inoubliable. Et si c’est autrement, je ne le serai pas.
Je regrette pas d’être allée à la Kluster alors qu’il n’y était pas car je ne pouvais être sûre qu’il y serait, et étant imprévisible je ne pouvais pas prévoir qu’il n’y serait pas. Et je ne pouvais pas savoir non plus que je n’allais pas kiffer.
Petit coup de stress car je pense aux messages qui attendent une réponse. Vais-je avoir envie d’y répondre demain ?
J’ai envie de revoir les photos et vidéos de lui car je crois que je commence à l’oublier. Enfin non. J’ai encore très bien en tête son visage et lui sur mes photos et vidéos. Mais je veux me remémorer les sensations que ça me procure de le voir. Si je perds l’amour de ma vie un jour, je regarderais une vidéos de lui par jour, au hasard. Pour me rappeler, en douceur de lui. Donc pour ça je dois prendre plein de vidéos de lui. Je vais regarder une vidéo de lui.
J’aime la fille déterminée que je suis dans ma quête de lui. C’est satisfaisant et rassurant de savoir que mon but est de le séduire. Et de l’avoir. Je dois créer une relation avec tout en suscitant son désir pour moi. Donc ça prendra le temps qu’il faut. Je l’ai vu en photo (et je me suis contentée de ça) et j’ai les larmes aux yeux tellement il est incroyable. Je le désire désespérément. Peut-être obsessionnellement. Je crois que c’est pas sain. Mais j’y vois un moyen d’être heureuse et d’avoir ce que je veux. Je ne fais pas partie des privilégiées qui ont ce qu’ils veulent sans rien faire. Je dois me battre. Et je suis fière de le faire. Bref. Un jour on s’affichera en photo comme le couple le plus hot. Je plaisante. Mais c’était pour dire qu’on va parfaitement bien ensemble.
D’habitude, j’insiste pour voir mon crush. Je crée des occasions, je demande explicitement. Car je pensais qu’être directe est la meilleure des façons, du moins la plus efficace. Mais là je ne le ferai pas. Je n’inventerai pas d’occasions pour qu’on se voit ou qu’il me parle jusqu’à ce qu’il le fasse de lui-même. Et en attendant qu’il le fasse (il le fera), je ne fais rien.
Si une semaine s’écoule tant pis. Mais je ne baisserai pas les bras.
J’ai quand même peur qu’il perde son intérêt pour moi. Que faire et comment le remarquer ?
Il a répondu à mon message de cette nuit. Je ne pensais pas qu’il allait répondre et encore moins de sitôt. « Je dormais désolé » sans surprise rien d’intéressant à déceler dans son manque de je sais pas quoi mais je ne le prends pas mal, c’est sa froide façon de communiquer. L’accepter me permettra peut-être d’être moins insécure. Car je me contente du fait qu’il m’ait répondu, que son nom apparaît dans mes messages (aujourd’hui j’ai fait en sorte de parler à personne pour qu’il y reste), qu’en attendant de savoir si je réponds ou pas du temps passera et il me relancera. Ce qui est sûr c’est que je ne lui proposerai pas qu’on se voit. J’attends qu’il le fasse. Je lui ai donné un signal. Et j’aime beaucoup trop savoir que je le mets en remis. Enfin le fait de savoir que techniquement c’est lui qui est dans l’attente d’une réponse. Je sais que c’est débile et futile de penser comme ça. Mais ça a toujours fonctionné. Le fait que j’observe ces choses-là et agisse en conséquence m’a toujours été favorable car les hommes font tout pareil dans le patriarcat. La prédictibilité des schémas est l’avantage des systèmes ! Premier point d’exclamation que j’écris. Je ne m’attendais pas à voir mon nombre de messages Insta augmenter et encore moins que ça soit lui. Encore une fois, ma règle se confirme : moins on a d’attentes, plus on a ce que l’on veut. Demain matin, je vais peut-être avoir oublié qu’il m’a répondu (pendant quelques secondes) et je serai contente de le voir.
Quels conseils retiendriez-vous de cette note ? Qu’est-ce qui est flagrant ou choquant ? Qu’est-ce qui ne faudrait pas faire ? Est-ce qu’il y a des phrases ou des idées qui sont marquantes, intéressantes ? Des choses qui font écho ? Je vous laisse me répondre en commentaires…
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