Les prénoms ont été changés. Je n’ai pas touché au texte en tant que tel, surtout celui provenant des notes du téléphone pour préserver la spontanéité (importante dans la dépendance affective). Contexte : je venais de rencontrer ce garçon, Juergen, à la fin d’une soirée que l’on a continuée à un after à la Station le dimanche. Les « **** » masquent des éléments qui pourraient permettre l’identification de Juergen.
24 juin
Il a fait un *-hole. J’ai été moins vue en after. Il ne m’a plus parlé. Un peu à la fête de la musique. Il m’a reconfirmé que je pouvais aller faire ******** ***** là où il est. J’espère que mon message lui a vraiment fait plaisir et qu’il a vraiment compris que je pouvais l’aider. J’espère qu’il ne s’est pas senti oppressé. Paul m’a dit qu’il était détaché. J’aimerais qu’avec moi il puisse se sentir bien. Juergen avant son *-hole ne m’a pas calculé. Son pote same. Alors que les deux je leur avais bien parlé à Alarma. Je ne sais pas ce qui s’est passé. Un enchaînement de moments entre temps. Je lui ai envoyé un msg long pour lui dire que j’étais là en cas de besoin, que je savais quoi faire. J’ai envie d’aller prendre des nouvelles mais my insecure ass a peur de forcer. Et là je suis très insécure. Je sais que c’est pas bien. Mais j’étais contente parce que ça me laissait une chance d’été attentionnée. J’aimerais pouvoir apprendre à le connaître plus, mieux le cerner pour lui apporter ce dont il a besoin.
Demain je lu renverrai sûrement un message. Il a l’air de se remettre vite et bien des choses quand même. Il va faire très chaud.
25 juin
Envie de me balader dans la nuit avec lui.
J’ai hâte que le temps passe. J’aime bien savoir que j’ai le temps de réfléchir à ce que je fais avec et que je ne me précipite pas. Je ne lui enverrai pas de msg, je suis trop insécure pour le moment et j’ai trop peur de sa réponse . Pourquoi a-t-il l’air d’être détaché ? Que s’est-il passé pour qu’il perde l’intérêt pour moi ? J’aimerais vraiment être cette personne qui l’aiderait psychologiquement, j’aimerais qu’il se sente compris avec moi, j’aimerais même qu’il se reconnaisse en moi. J’aimerais être sa safe place. Les seuls signes que je dois lui montrer sont des signes amicaux affectueux/attentionnés. Ce n’est pas lui que je dois essayer de séduire. Il s’est déjà intéressé à moi donc la séduction n’est plus d’actualité. Avec lui je dois me montrer amicale et sans aucune ambiguïté. Il ne doit plus penser que je le veux. L’alcool a réveillé en moi mon envie (ou besoin ?) d’affection et j’ai eu très envie de plaire ce week-end. J’ai été frustrée que ça n’aboutisse pas. Je ne pensais pas que j’étais encore capable de ressentir ce genre de choses. J’ai quand même pu facilement me convaincre lorsque j’en prenais conscience que c’était juste assouvir un besoin immédiat.
Je ne dois pas me créer d’attentes. Le picnic s’il est là je ne le calculerai pas ou seulement pour lui demander des nouvelles. S’il n’est pas là, je serais presque rassurée. J’ai confiance au temps qui fera les choses, qui créera le lien.
Je dois vraiment essayer de passer mes journées en occupant pleinement mon cerveau et me fatiguer. Je dois éloigner mon cerveau de la moindre pensée liée à un désir d’affection. A mon désir de lui.
26 juin
Un 06 m’a appelé sans laisser de message. J’ai regardé si ça ne pouvait pas être un chat (que je garde) mais non. J’ai bien sûr eu l’espoir que ça soit Juergen.
Je pense que je suis ridicule quand quelqu’un me plaît. Je ne veux plus. Je vais focus toute mon énergie et mon temps sur moi, ne laisser aucune place aux désirs romantiques. En même temps je ne laisserai aucune chance à la dépendance affective de se nicher dans mes désirs. Peut-être que le stade ultime pour la fin de la dépendance affective est l’indifférence à l’affection des autres et seulement l’affection de soi à soi. La confiance et l’estime de soi ne suffisent plus. Je dois éloigner tout besoin affectif.
C’est dur de faire le deuil de l’amour, de renoncer au bonheur. Mais en même temps jusqu’ici je n’ai pas été heureuse grâce à l’amour non plus. C’est stupide de courir après le bonheur de l’amour alors que cette course rend plus malheureusement qu’autre chose. C’est dur de faire le deuil de l’affection. Encore plus quand comme moi on est pudique et à la fois nécessiteuse. Je me sens vulnérable. Et je me le sens encore plus sachant que je suis en train de dire tout ce dont j’essaie de lutter depuis des mois. Je ne veux pas que mon bonheur dépende de l’amour et l’affection que je veux avoir car je veux être indépendante mais je suis en train de dire que je suis malheureuse de ne pas en avoir. Je suis actuellement dans l’état dans lequel je fais tout pour ne pas être. Je ne vois rien autrement que par le prisme du couple. Je continue de me repasser en boucle ce week-end et tout ce que je vois ce sont des gens ensemble. Et moi seule. Je dois réellement faire le deuil de l’amour et de l’affection. Je dois me montrer telle que je veux être : indépendante, forte, inaccessible. Je ne donnerai plus le moindre intérêt pour un homme. Je dois me séparer d’eux et encore plus de l’idée qu’ils peuvent m’apporter quelque chose.
Je vais abandonner avec Juergen. Essayer d’être son amie. Réellement son amie. Sans intention romantique derrière. Quand je le reverrais, je lui demanderais comment il se sent, comment il s’est senti après etc. Je vais me comporter de manière sincère et attentionnée, essayer de le comprendre, essayer de savoir qui il est, sans laisser paraître quelconque intention. Je dois réussir à le voir et à le considérer comme je vois et considère Paul. Quelqu’un pour qui j’ai envie d’être. Quelqu’un qui a besoin d’être compris. Comme moi. Même si je suis plus capable de comprendre les autres que eux ne seraient capables de me comprendre. Je suis sûre qu’on partage beaucoup de choses avec Juergen. Je dois sincèrement oublier tout espoir romantique avec lui.
27 juin
J’ai envie de me confier vulnérablement à Juergen, lui dire qui je suis, pour qu’il se reconnaisse et ait envie de se confier aussi. Qu’on soit intime. Je veux qu’il voit en moi comme il n’a jamais vu personne. Je veux qu’il comprenne ma solitude pour y voir la sienne. Je veux être son miroir.
Hâte que le temps passe et que je vois les effets de ne pas accorder d’importance aux hommes. J’allais dire que je ne leur accordais déjà pas beaucoup d’importance mais c’est faux.
Quels conseils retiendriez-vous de cette note ? Qu’est-ce qui est flagrant ou choquant ? Qu’est-ce qui ne faudrait pas faire ? Est-ce qu’il y a des phrases ou des idées qui sont marquantes, intéressantes ? Des choses qui font écho ? Je vous laisse me répondre en commentaires…
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