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Juergen crush – notes du 6 juin 2024

Les prénoms ont été changés. Je n’ai pas touché au texte en tant que tel, surtout celui provenant des notes du téléphone pour préserver la spontanéité (importante dans la dépendance affective). Contexte : je venais de rencontrer ce garçon, Juergen, à la fin d’une soirée que l’on a continuée à un after à la Station le dimanche. Les « **** » masquent des éléments qui pourraient permettre l’identification de Juergen.

TW : drogues, alcool, sexe

J’ai peur pour vendredi. J’espère qu’il me demandera avant si je viens. J’ai peur mais en même temps je me dis que je prendrai pas de drogue donc j’ai moins de choses à craindre. Mais ça reste une soirée avec un crush incertain dans lequel j’ai un espoir déjà consumé, entamé par des moments incroyables. Je sais que je lui plais. 

Je dois me le sortir de la tête. 

Je dois annuler mon crush. Je ne sais pas comment. J’ai besoin d’un élément concret pour me l’enlever. Ma propre volonté ne suffit pas. 

J’étais même mieux quand j’avais pas de crush. J’étais plus sereine. Je ne peux pas abandonner l’espoir d’être heureuse sans rien. J’ai besoin de savoir matériellement que je ne pourrais pas l’être pour abandonner. Pour lâcher. 

Mais peut-être faut-il que j’apprenne à mesurer l’intensité de mon espoir. Que je n’y mette pas toute ma force, ma volonté. Mais c’est dur. Car oui je viens de me rendre compte que le crush correspond chez moi à mon espoir d’être heureuse, et que c’est pour ça que ça me fait autant de mal. Est-ce un schéma de la dépendance affective ? Ou bien ma façon de fonctionner que je me dois de mesurer (ou pas) qui fait partie de moi ? Comment me convaincre que je trouverais le même bonheur de la même force, la même intensité, le même plaisir, ailleurs que dans l’amour ? Suis-je capable d’amour en dehors de cette intensité du crush ? 

N’empêche que ça faisait très longtemps qu’un mec ne m’avait pas autant plu. Il est arrivé quand je ne m’y attendais pas (comme d’habitude). J’aimerais qu’on se voit en dehors de chez moi. J’en ai marre de créer des souvenirs chez moi. Mon confort devient impersonnel. Et c’est toujours dur de fermer la porte derrière la personne avec qui on vient de passer un incroyable moment. 

Mon esprit est plus occupé mais mon espoir ne part pas. 

Peut-être que ça sera plus facile pour moi de me détacher de Juergen en sachant que je vais forcément le revoir. On a trop d’amis en commun. 

Je ne vais pas à la soirée dans l’attente de le voir. Mais j’ai pris la décision de prendre ma place en me réveillant, après avoir rêvé qu’il avait oublié des affaires. 

En me réveillant, j’ai mis du temps à réaliser qu’il n’en avait pas oubliée. Ce n’était pas dur mais frustrant. Danil m’a dit que quand je parlais de lui, je rougissais. 

J’ai demandé à ChatGPT si on pouvait être amoureuse en une soirée. Je ne sais pas si de son côté il a ressenti la même chose que moi, mais je sentais une forte attraction physique. Des jeux de regards comme je n’en avait pas fait depuis longtemps. Et nos corps ? Ces baisers ? C’était intense. Et ça ne quitte pas ma mémoire. Dire qu’on pourrait vivre intensément tous les jours. Non en fait on ne peut pas. 

J’ai envie de regarder les vidéos de lui mais son souvenir est encore trop présent pour que j’ai besoin de le revoir. L’avoir montré à Danil me l’a ravivé.

Dire que Paul ne lui a pas parlé de moi. 

Bon stop. 

Non pas stop. 

Je sais pas. 

Je suis perdue dans ce qui est mieux à faire en attendant, puis j’allais dire, de le voir vendredi, alors qu’il ne faut pas que j’attende de le voir. Je dois vivre ma vie, en l’ignorant jusqu’à ce qu’il me tombe dessus s’il en a envie. 

Je viens d’accepter un date samedi avec Dave, un garçon très beau, doux et intelligent. Ce n’est pas du tout la même attraction chimique qui me lie à Juergen mais c’est plus serein sentimentalement et moins risqué. Et ça me donnera peut-être un autre objectif. Au lieu que mon week-end tourne autour de Juergen, il tournera autour de Dave samedi. Malheureusement je préfère voir Juergen et je le verrais. Ca j’en ai la certitude. Mais je ne sais pas comment je pourrais gérer le fait qu’il ne me calcule pas comme je le veux. 

Dave me ferait du bien sur plein de points. Juergen peut faire de moi la femme la plus heureuse du monde s’il le veut. Encore faut-il qu’il le veuille. 

Savoir que, vendredi, j’aurais peut-être la possibilité de ressentir la même chose que dimanche, mais pas forcément est terrible. 

Je n’ai pas envie de remettre la photo qu’il a mal replacée. 

Il va falloir que je prenne le temps de me contrôler et de savoir ce que je fais vendredi, niveau alcool. Car la 3 me rend obsessionnelle, l’alcool me rend très vite triste. Je préfère être triste. Car ca ne dure pas. Mais de tout de même. 

Je suis persuadée que si je me prends autant la tête pour un mec que je ne fréquente même pas, il ne se passera jamais rien. 

Je me dis qu’à être trop stratégique (à raison ! C’est pour me protéger), je perds la spontanéité qui ferait tout. Mais je suis obligée de le faire si je ne veux pas souffrir. Car si je me laisse aller à mes sentiments, je suis sûre d’encore plus souffrir. 

C’est trop dur d’avoir un crush de manière normale. Comment ne pas s’emballer ?

Je pensais que changer de stylo m’aiderait à écrire mieux et bien pas du tout. 

Je me dis que c’est pas possible qu’il n’ait pas ressenti la même chose que moi. J’aurais trop le seum qu’il ne veuille pas de moi car il est parfait.

Je me sens beaucoup mieux. J’ai très hâte d’être à demain. Je sais que je vais le voir. Même si je ne sais pas à quoi m’attendre, je m’attends quand même au pire (c’est-à-dire qu’il ne me parle pas et m’ignore). Mais je suis confiante. Je sais qu’il le fera car je serai trop belle. Il faut que j’ai l’air intouchable. Que sa présence inattentionnée envers moi m’affecte ou non. Je dois rester joyeuse et confiante, même s’il ne me parle pas, ne fait pas attention à moi. 

J’ai l’impression d’avoir passé un cap, je suis dans un nouvel état d’esprit dont j’ai l’impression d’être intouchable, comme si j’avais lâché une préoccupation. Je ne sais pas si c’est l’assurance de le voir quand je serai au top  ou bien autre chose que j’aurais déjà accepté (le deuil peut-être) mais je me sens vraiment confiante. J’ai autant hâte de m’amuser et de boire que de le voir. C’est sûrement pour ça que je me sens légère : la balance est équilibrée. 

Peut-être devrais-je l’envisager comme une relation amicale. Peut-être que je devrais l’avoir dans ma vie en tant qu’ami. Je ne veux pas que ça fasse comme Nwaël où on relationne, à la limite de la relation amoureuse de couple engageante, en finir et ne plus se parler.

Je dois prétendre qu’il ne s’est rien passé ? Je dois faire comme s’il n’y avait rien eu. Faire diminuer l’intensité des souvenirs pour faire diminuer le désir et l’espoir. 

Je pense que c’est le mieux à faire. Faire le deuil que je ne pourrai jamais revivre ça. Et je pense que cet état d’esprit est celui à avoir. Le désir est bien trop douloureux. Donc autant l’éliminer. C’est tellement évident et logique. 

A faire quand je le verrai à la soirée : 

– l’accueillir très joyeusement comme si je voyais un ami 

– lui demander si je peux poster la vidéo 

– lui proposer de venir à la canopée 

Je le veux, je le désire plus que tout donc je dois être stratégique. Tant pis la spontanéité. La mienne ne me fait jamais de bien. Je dois prendre conscience des choses avant qu’elles me saisissent, me submergent et m’étouffent sans que je puisse faire quoi que ce soit. C’est mon manque d’initiatives, ma passivité qui me bouffent. 

Bien sur que quand j’ouvre Insta et que je vois mon nombre de message augmenter j’ai l’espoir qu’il y soit. 

Je dois prendre l’initiative d’orienter la relation si je veux qu’elle vive. Et ça ne passe malheureusement pas par le fait d’être honnête dans mes intentions, la simple séduction ou seulement me laisser faire. Je dois évidemment pas me laisser faire même si ses intentions sur le moment correspondent aux miennes également sur le moment. C’est là que ça finit en relation où mes besoins et désirs ne sont pas pris en compte car étouffés par le désir immédiat de l’autre que je n’ose contredire pour ne pas le perdre sur le moment. C’est ce qu’il s’est passé avec tous les autres mais de manière encore plus forte avec Nwaël.


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