18 juillet
Je suis perdue en ce moment entre 2 moods : sortir de ma zone de confort, performer la femme que je veux être et essayer d’être quelqu’un, avoir des comportements de manière consciente (ex. : quand je me dis qu’il faut que je me montre affective) ou rester moi-même, laisser les autres m’apprécier. Dans le 2ème cas ce n’est pas forcément une bonne chose car socialement j’ai encore des lacunes genre il y a encore trop de situations sociales où mes insécurités ressortent et je ne veux plus que ça arrive car je sais que ça m’empêche de créer des liens ou que ça en brise. Je vois dans le 1er cas une façon de sortir de mes insécurités mais ça implique de les cacher seulement et pas les régler.
Pour le moment, je suis trop occupée et fatiguée avec les chats* et l’oral pour que ça m’impacte vraiment mais quand tout sera calme, je sais que je serais de nouveau insécure, je sais que je ne le suis pas actuellement car je suis trop occupée pour y penser et leur laisser de la place mais ça cache seulement le problème, ça le met juste en pause. Mais je pense que mes insécurités s’effaceront avec l’expérience et pour expérimenter il faut sortir de sa zone de confort. Je ne veux plus être timide et être perçue comme telle donc passer inaperçue mais en même temps parfois je veux m’effacer et disparaître. Je n’ai pas l’impression que les autres personnes qui m’entourent subissent et montrent de tels changements d’état en situation sociale. Je perds vite et pour un rien mon énergie. Je peux vraiment être très enthousiaste et sociable et quelque min après tout perdre et me sentir agressée par mon environnement me donnant alors envie de disparaître.
Très souvent je blâme l’autisme et le considère comme un fardeau car il est un frein à mes objectifs et de comment je veux être, ça nécessite constamment des efforts d’adaptation. Et c’est aussi en cela que je m’interroge sur la dualité qui me tend entre le fait de rester moi-même et prendre le risque que l’environnement m’impacte moins mais auquel cas je n’aurais pas d’effort à faire ou bien m’adapter et performer. Et dans le premier cas je me dis que les « vrais » sauront apprécier tout ça de moi, mais c’est un risque de ne pas être vue. Ce qui me frustre c’est que souvent j’ai l’impression de passer inaperçue alors que j’ai fait l’effort d’être vue. C’est ça qui me décourage aussi dans le fait de vouloir performer. Je me dis que le meilleur moyen d’être vue c’est de ne pas le vouloir mais chez moi si je ne veux pas être vue je m’efface, ce n’est pas logique d’être vue si on ne le veut pas. J’ai l’impression qu’il y a quelque chose qui m’échappe, un facteur dans l’équation que je ne peux pas contrôler (le regard des autres ? Leur volonté de me voir?).
21 juillet
Je crois qu’en essayant (et voulant) ne pas faire comme les autres comme je me suis invisibilisée, j’ai pris le risque de ne pas faire partie de quelque chose, de ne pas avoir certaines compétences sociales ni l’aisance. Et il est trop tard pour faire comme les autres. Ou pas. Je ne veux toujours pas être comme les autre, je veux toujours autant être différente mais maintenant je suis consciente que cette volonté est liée au fait que je veuille être vue et je sais que je veux être vue pour être reconnue et aimée. Tant que je voudrais être aimée je n’avancerais pas et tout ce que je ferais pour l’être sera ridicule. Donc si je veux être comme les autres pour être aimée ça sera ridicule.
Je trouve injuste que mon besoin d’être aimée soit plus visible et gênant pour moi que pour les autres qui ont l’air de bien deal avec ça. Mais je crois aussi que si je n’avance plus trop dans ma vie, si je stagne, c’est parce que dans les moments de vulnérabilité et peut-être même aussi ailleurs je me victimise. Je ne fais que me mettre en position de victime qui subit la vie. Même si c’est le cas je dois arrêter de faire ça.
Je sais qu’il faut absolument que j’arrête d’envisager les autres dans mes actions et comportements, par exemple que j’arrête de me dire « si quelqu’un me lisait on verrait peut-être ma souffrance », il faut que j’arrête d’envisager la reconnaissance extérieure dans mes actions. Mais si j’en avais besoin ? Non je pense qu’il faut arrêter ça car ça me crée une attente qui n’est jamais ou peu comblée. Je dois vraiment vivre pour moi. C’est tellement plus dur que je le pensais. Ça implique de déconstruire tellement de schémas de pensées. Mais stop. Voilà je me victimise.
15 août
Je me rends compte actuellement à quel point je suis ridicule à vouloir être vue par des gens qui ne me regardent pas à Paris, je veux leur approbation alors qu’ils ne sont pas aussi bien que je les perçois, je les sur-estime et tombe dans leur piège de performativité, ils font tout pour être vus et désirés comme je le fais, ils se nourrissent du désir et de l’envie que les gens comme moi leur donnent.
16 août
Comment distinguer mes efforts pour devenir quelqu’un (où je pense être en accord avec mes valeurs et ma personnalité) des efforts pour être vue ? Peur que mes efforts pour me construire soient au final des efforts pour être vue. Peur que ma volonté d’être quelqu’un soit motivée par le fait d’être reconnue et peur que cette reconnaissance soit voulue par la dépendance affective et non par volonté émancipatrice et identitaire. Peur aussi de devoir faire le deuil de mes ambitions et valeurs au profit d’une vie simple que je ne pensais pas vouloir. Je ne veux pas abandonner l’idée que je veux une vie spéciale, juste par fierté et flemme de devoir tout remettre en question.
*Cat-sitting
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